Je prolifère
Je consomme
Je consume
Je deviens cancer,
L’ennemi du milieu
Dont dépend ma vie
Dans le rétro, la forêt dévêtue
Dans tout l’air ambiant,
Le silence des espèces disparues
Jusqu’à la nausée, jusqu’au vertige
Je détruis
Je rends les eaux et le ciel impurs
Je suis la cause de la blessure
Je suis le mal, je me crois roi,
Et la possibilité du remède à la fois
Je suis capable de tout et de son contraire
De saigner et de soigner la Terre
Je suis la plaie et la suture
Je suis l’espèce du règne animal
Consciente de faire le mal
Je sais nommer les failles, lire l’usure
Mais face aux forces de la nature
Je n’avance plus, je recule
La terre se venge, elle régule
Je deviens alors loup rendu au bois
Pris au piège de ma déraison
Je suis l’humain : antidote après poison