J'avais envie de poésie et de tendresse parce que le monde en manque cruellement. La vraie pertinence aujourd'hui, c'est de révéler la poésie qui est en nous. Bartabas
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lundi 17 août 2026
samedi 15 août 2026
Après effet
Une nouvelle normalité transcende les frontières
impose des vulnérabilités, violente la biosphère
Après effet, l’humain comprend que tout y était
Que les souffrances corrélées sont le fait
De ses actions dans le système matriciel
Conscience augmentée, il sait désormais
Qu’il s’est amputé de quelque chose d’essentiel
La mer se retire du rivage, seuls demeurent
La brûlure du feu, le fantôme de sa douleur
dimanche 9 août 2026
Antidote après poison
Je prolifère
Je consomme
Je consume
Je deviens cancer,
L’ennemi du milieu
Dont dépend ma vie
Dans le rétro, la forêt dévêtue
Dans tout l’air ambiant,
Le silence des espèces disparues
Jusqu’à la nausée, jusqu’au vertige
Je détruis
Je rends les eaux et le ciel impurs
Je suis la cause de la blessure
Je suis le mal, je me crois roi,
Et la possibilité du remède à la fois
Je suis capable de tout et de son contraire
De saigner et de soigner la Terre
Je suis la plaie et la suture
Je suis l’espèce du règne animal
Consciente de faire le mal
Je sais nommer les failles, lire l’usure
Mais face aux forces de la nature
Je n’avance plus, je recule
La terre se venge, elle régule
Je deviens alors loup rendu au bois
Pris au piège de ma déraison
Je suis l’humain : antidote après poison
vendredi 31 juillet 2026
Dans le maquis du monde
Dans le maquis du monde,
La géographie de l’âme humaine
N’offre ni carte ni boussole.
Se repérer, s’orienter,
Sans se laisser happer par la violence
Ni séduire par la tentation du silence.
Avancer les yeux pleins de suie
Au beau milieu de la forêt noircie
Déplier les cartes
Mais marcher certitudes renversées
Dans le passage du vent
- Force obstinée du mouvement -
Déplier les archives du vivant
- Pages oubliées, pages sacrifiées -
D’où s’échappent des oiseaux
Revenant ainsi habiter la maison
Comme eux voler, les pieds au sol
Danser avec les gouttes
Dans leurs cercles magiques
Agrandissant le monde
Sentir la pluie revenue redessiner le vivant.
Poursuivre la traversée guidée
Par le frémissement des feuilles,
Le chant intact des oiseaux,
Et cette lumière qui en nous persiste
En tenant éloignés
Les prétendus géants soutenus par le minuscule
Les prétentieux ignorants convaincus de leur puissance, nulle :
L’inconnu et le mystère étant bien trop grands
lundi 27 juillet 2026
***
Une image reste une image. Elle peut dire tout ou son contraire. Selon le contexte, selon le ressenti, selon la comédie ou la vérité qui se joue.
dimanche 26 juillet 2026
Beauté contrariée
La nuit s’évapore
Je touche d’un doigt l’horizon éclairé,
L’éternité d’un instant
J’étire mon corps
Doucement caressé par les rayons dorés
Du soleil au levant
À raison ou à tort
Je me lève pleine d’éco-anxiété
Les nouvelles aidant
jeudi 16 juillet 2026
dimanche 28 juin 2026
La danse des matières
Un filet de sang et de miel
Sur le ruban de soie
Ouvrage de la vie en crue
L’air comprimé en dedans,
Qui en dehors s’étire
Le souffle en colonne,
En tourbillons, en volutes, finit
L’écoulement
Des grains du sablier
Des gouttes de la clepsydre
Des réseaux filaires
Traduits en nombres ou en signes
La fuite en avant vers le précipice
Ce mouvement dans le grand infini
Des structures soumises
Au grand attracteur, cette force invisible
Déesse de tous les flux
Chorégraphe de ces matières qui s’organisent
À l’œuvre
Je suis dans un décor
De pierres et de vallons
Suspendue dans le vide
Où se mêlent petits miracles
Vacuités et métaphores
Avant la faille
Avant la pousse dans l’interstice
Avant la monstrueuse déchirure,
Le silence des micro mutations invisibles
Tout ce qui précède l’éruption !
L’impermanence camouflée
Dans la répétition
Se joue de nous
Des mois des jours et des saisons
Routine elle-même illusion ?
Les strates en transparence
Produisent un flou,
Des plages de lumière opaques
Rendant abstraits des motifs
Qui se font taches, auréoles
On croit aux mots à leur vibrance
Tout n’est que château de cartes
Sur un fil d’eau
Je jacasse,
Je meugle
J’aboie, ronronne ou piaffe
Je suis eau je suis chair
Je suis fourmi et abeille
Fleur et corail
Un souffle un rien
Étoile qui s’étiole




























